La Civilisation Etrusque est le nom donné aujourd'hui à la culture et à la façon de vivre d'un peuple de l'Italie antique que les Romains de l’antiquité ont appelés « Etrusci », les grecs les appelaient « Tyrrhenoi » (tyrrhéniens) et qui s'appelaient eux-mêmes « Rasenna ».

Ayant sa propre langue, la civilisation s’est développée pendant la préhistoire sur une période indéterminée, avant la fondation de Rome jusqu'à son assimilation complète au sein de la République romaine.

À son développement maximal, du temps de la fondation de Rome et du royaume romain, elle s'est épanouie sur trois confédérations : l'Etrurie, allant de la vallée du Latium au Pô et s'étendant en Campanie.

Rome était dans le territoire des Etrusques. Il y a de fortes probabilités que la Rome originelle ait été fondée et dominée par les Etrusques. La culture qui s’y retrouve est vraisemblablement celle des étrusques, s'étant développée en Italie aux environs de 800 AV JÉSUS CHRIST, dans le prolongement de la culture précédente, datant du Villanovien de l’âge de fer.

A partir du 7ème siècle, cette culture s’est progressivement orientalisée, influencée par les marchands grecs et les voisins de la Grande Grèce, la civilisation hellénique de l'Italie méridionale.

Il a existé diverses théories au sujet des origines ethniques du peuple Villanovien ou "Proto-Etrusques". Une théorie suppose que les Etrusques n'étaient pas déjà présents au Villanovien, impliquant qu'ils seraient entrés en Italie par voie maritime, auraient menés une guerre importante pour déloger les indigènes et pour se développer en trois confédérations de 36 villes. Ce"Avant la suprématie romaine, les Étrusques exerçaient au loin leur puissance, sur terre et sur mer : on en trouvera une preuve dans le nom des deux mers, qui baignent la presqu’île italique : la mer toscane à l’ouest et la mer adriatique à l’est - son nom vient d’Atria colonie étrusque ; les Grecs appellent ces mers Tyrrhénienne et Atriatique. Les Étrusques se rapprochèrent des côtes et fondèrent deux fédérations de douze peuples, la première du côté de l’Apennin, en direction de la mer Atriatique, la seconde de l’autre côté de l’Apennin avec le même nombre de colonies, une par métropole. Ces colonies contrôlaient tout le pays de la plaine du Pô jusqu’aux Alpes, à l’exception de l’angle formé par le pays vénète au bord du golfe

Étrurie padane et Étrurie centrale.

Le territoire étrusque est d’abord un espace culturel, car il n’existe pas d’Etat étrusque. Le territoire étrusque est celui où on parle leur langue, il englobe donc des régions où la domination étrusque n’a pu être que temporaire.

L’Étrurie originelle s’étendait ainsi sur un territoire correspondant à l’Italie centrale, délimitée au nord par le fleuve Arno, à l’est par le lac Trasimène au sud par le Tibre, et à l’ouest par la mer Tyrrhénienne mais en excluant la région de Pise . Puis, les Étrusques ont étendu leur domination vers le nord à une partie de la plaine du Pô, autour de la cité de Felsina, la future Bologne et autour de Reggio d’Emilia et de Mantoue. Au sud, au début, du VIe siècle, ils fondent Capoue et Nola et la plus grande partie de la Campanie, à l’exception de la baie de Naples et de la région de Salerne, était en territoire étrusque. En somme, presque toute l’Italie était sous l’autorité des Étrusques. (2) En 616, un premier roi étrusque s’empare de la petite ville de Rome.

Étrurie campanienne.

Il ne s’agissait pas pour autant d’un empire à la manière de Rome. L’Étrurie était une confédération de douze cités, avec chacune une ville et son territoire. Chaque cité était dirigée collégialement par des magistrats (zilaθ) élus annuellement. Les mandats pouvaient être renouvelés et exercés très jeunes. Comme les lucumons, les magistrats étaient précédés ou suivis par des licteurs.

Inspirée de la ligue ionienne, la ligue étrusque était une confédération aux objectifs politiques bien flous. Elle trouvait surtout son unité dans les cérémonies religieuses et les festivals qui les accompagnaient. Le siège de la ligue devait se trouver dans le temple du dieu Voltumna (fanum Voltumnae) sur le territoire de Volsinies. Les rois (lucumons) et les aristocrates (principes) s’y réunissaient annuellement lors d’une assemblée solennelle (conciclium etruriae). Au delà de son caractère religieux, cette assemblée pouvait prendre des décisions politiques comme lors du conflit qui opposa les Étrusques à Rome au Ve siècle, mais surtout il est probable que c’était à cette occasion qu’était élu un magistrat fédéral, peut-être appelé zilath meXl rasnal . Celui-ci devait occuper un rang et détenir des fonctions non négligeables car il est certain que les cités se livraient une concurrence acharnée pour que leur propre candidat soit élu.

Mais aucun auteur antique ne nous a fourni la liste des villes composant cette confédération. Aux VIIe-VIe siècles Véies, Caere, Rosella, Tarquinia, Vulci, Volsinies, Chiusi, Vetulonia, Volterra, Cortone, Arezzo, Populonia devaient figurer dans la dodécapole (duodecim etruriae populi). Pérouse et Fiésole constituaient sans doute aussi d’authentiques métropoles. Comme dans le cas des cités grecques, on ne sait pas très bien délimiter les frontières territoriales des cités étrusques, même s’il existait des bornes inscrites dont certaines nous sont parvenus. A ce propos, il est amusant de constater que le mot étrusque tular désigne à la fois la limite d’un champ et celle d’une cité.

Si l’on se base sur la superficie des sites archéologiques, les cités étrusques s’étendaient sur 30, comme à Chiusi, à 200 hectares, comme à Veiès ; Caere, Populonia, Tarquinia et Volterra dépassaient les 100 hectares. D’après la taille des nécropoles, on peut estimer la population moyenne comprise entre 20 000 et 40 000 habitants, chiffres très importants pour l’Antiquité et tout à fait comparable aux cités grecques. Notre connaissance des cités étrusques est très incomplète car la plupart des sites ont été recouverts par des villes contemporaines. Dans le cas de Marzabotto, qui fut abandonnée après avoir été conquise par les Gaulois au IVe siècle, le plan de la cité était de type hippodamien avec une orientation des rues strictement nord-sud et est-ouest où l’on peut distinguer des axes principaux (plateiai) et secondaires (sténopoi). Cette configuration préfigure le plan typique des villes romaines organisées autour d’un cardo et d’un décumanus. De larges trottoirs épaulaient les grandes rues, ils devaient permettre aux marchands d’y installer leurs étals. La chaussée était constituée de couches superposées de cailloutis ; elle disposait d’un égout recouvert ou à ciel ouvert. A Rosella et à Marzabotto, on peut observer des maisons domestiques construites autour d’une cour centrale pourvue d’un impluvium et d’une citerne pour recueillir les eaux de pluie ; autrement dit, l’ancêtre de l’atrium romain.

Les Étrusques montrèrent une grande maîtrise de l’hydraulique : Rome leur doit l’assèchement du marais où s’éleva ultérieurement le forum et la réalisation du cloaca maxima. Les sols imperméables de la campagne de l’Étrurie centrale furent percés de puits verticaux reliés à des canaux souterrains qui allaient se déverser dans les rivières voisines. Ces travaux ont contribué à résorber la malaria qui réaLa société étrusque

Essor des villes et de l’aristocratie

Pour les Romains, les Étrusques avaient fondé les premières villes d’Italie. "Romulus avait fait venir de Tyrrhénie des hommes pour le guider et lui enseigner en détail les rites et les formules à observer, comme dans une cérémonie religieuse. Le fondateur, ayant mis à sa charrue un soc d’airain, y attèle un bœuf et une vache, puis les conduit en creusant sur la ligne circulaire qu’on a tracée, un sillon profond. Des hommes le suivent qui sont chargés de rejeter en dedans les mottes que la charrue soulève, et de n’en laisser aucune au dehors.

Dès l’époque villanovienne, il existe déjà une certaine hiérarchie sociale : seules certaines sépultures contenaient des armes en bronze et de la vaisselle métallique. Les villes se développent sur des hauteurs faciles à défendre, de préférence à peu de distance de la mer ou d’un cours d’eau. Ce sont de modestes agglomérations d’habitations construites en pisé mais qui accueillaient artisans et marchands. Il existe une corrélation certaine entre les transformations sociales et le développement des cités. Vers la fin du VIIe, certaines agglomérations constituaient de véritables métropoles (Tarquinia, Caere, Véies, Vulci). Dans ces cités, la filiation à partir d’un ancêtre commun, consacré par l’apparition d’un gentilice, s’affirme. Le phénomène touche d’abord les cités côtières et ne gagne l’Étrurie intérieure que plus d’un siècle plus tard.

Ces habitants sans gentilice exerçaient des fonctions domestiques, de musiciens, de lutteurs. ils semblent toujours rattachés à une famille (clientèle ?) par un lien de sujétion (fides ?). Denys d’Halicarnasse (2) compare leur situation à celle des Pénestes en Thessalie. Certains d’entre eux (etera) semblent relever de la juridiction d’un magistrat spécial, le zileteraias (ou zileterais) ; d’autres (lautni) avaient un statut proche de celui des affranchis qui n’est pas s’en rappeler celui des liberti romains. Dans les campagnes, là où l’économie se limitait souvent à une économie de subsistance, la société semble moins hiérarchisée mais elle était toutefois dominée par de petits seigneurs. L’aristocratie n’apparaît qu’avec l’essor des cultures d’exportation (vin et huile d’olive).

Une société libérale

Les Grecs furent particulièrement choqués par la liberté dont jouissait la femme étrusque. Chez les Étrusques, il semble bien que la femme bénéficiait d’une égalité de traitement avec les hommes. Les femmes étrusques portaient un prénom alors qu’il était d’usage dans les sociétés antiques de désigner une femme en référence à son père ou à son époux. Le nom d’un individu faisait parfois d’ailleurs référence au nom de sa mère. Sur les représentations, notamment les scènes de banquet, on peut aussi remarquer que la femme était placée sur le même plan que l’homme.

Les sources grecques désignent les mœurs étrusques par le terme de « truphè » qui recouvre la mollesse, la volupté et la débauche dont les Étrusques auraient fait preuve. "Les Tyrrhéniens élèvent tous les enfants qui viennent au monde, ne sachant de quel père est chacun d’eux. Ces enfants vivent de la même façon que leurs nourriciers, passant la plupart du temps en beuveries et ayant commerce avec toute les femmes indistinctement. Il n’y a point de honte pour les Tyrrhéniens à être vus eux-mêmes faisant en public un acte vénérien ni même le subissant, car cela aussi est une mode du pays. Et ils sont si loin de regarder la chose comme honteuse que, lorsque le maître de maison est à faire l’amour et qu’on le demande, ils disent : "il fait ceci ou cela", donnant impudemment son nom à la chose. Lorsqu’ils ont des réunions, soit de sociétés, soit de parenté, ils font comme ceci : d’abord quand ils ont fini de boire et sont disposés à dormir, les serviteurs font entrer auprès d’eux, les flambeaux encore allumés, tantôt des courtisanes, tantôt de fort beaux garçons, tantôt aussi leurs femmes ; lorsqu’ils ont pris leur plaisir avec eux ou avec elles, ce sont des jeunes gens en pleine force qu’ils font coucher avec ceux ou celles-là. (...) Ils ont certes beaucoup de commerce avec les femmes mais se plaisent toutefois beaucoup plus avec les garçons et avec les jeunes hommes. Ceux-ci sont dans leur pays tout à fait beaux à voir, parce qu’ils vivent dans la mollesse et ont le corps épilé" (3)

"Théopompe dit que chez les Tyrrhéniens les femmes sont en commun, qu’elles prennent grand soin de leurs corps et qu’elles s’exercent nues, souvent avec des hommes, quelquefois entre elles ; car il n’est pas honteux pour elles de se montrer nues. Elles se mettent à table non auprès des premiers venus des assistants, et même elles portent la santé de qui elles veulent. Elles sont du reste fort buveuses et fort belles à voir." (4) Au-delà d’une certaine médisance évidente, les récits des mœurs prêtés aux Étrusques devaient traduire un mode de vie très libéral, totalement incompréhensible et inconvenant pour les Grecs.

La visite des hypogées de Tarquinia confirme cette impression de joie de vivre : sur ces fresques funéraires, les banqueteurs, les danseurs, les athlètes, prolongent pour l’éternité le mode de vie aristocratique des grandes familles titulaires de ces tombes.

Enrichis par le commerce international, l’élite étrusque s’était mise à vivre « à la grecque », se réunissant pour des banquets où l’on consommait beaucoup de vin produit localement. On a ainsi pu parler d’une « Étrurie du vin » autour de Vulci et de Caere. Il semble d’ailleurs que ce sont les Étrusques qui ont fait connaître le vin aux Gaulois. Le mot même serait, avant d’avoir été latinisé, d’origine étrusque.pparut au XIXe siècle faute d’entretien du système hydraulique étrusque !ci sur une période d’un siècle, mais qui n'aurait laissé aucune trace, ni aucune légende...

Les arts étrusques

La culture villanovienne avait développé un art original (vases bicôniques, urnes cabanes) à décoration géométrique. Au contact des marchands grecs et phéniciens, le style de décoration venu de Grèce se diffuse et est adopté par les artisans locaux. Les formes des vases sont encore villanoviennes mais les motifs originaires d’Eubée apparaissent. Des artisans immigrés s’installent dans les ports et ateliers locaux et contribuent à accroitre la diffusion de modèles étrangers.

D’une manière plus générale, l’afflux d’objets orientaux rares et exécutés dans des matières précieuses (bronzes urartéens, ivoires phéniciens, or d’Afrique, ambre de la mer Noire) stimule la production locale. A partir de ces modèles grecs, les Étrusques vont développer leur propre style tant au niveau de la céramique, de l’art du bronze que de l’orfèvrerie.

Fresque étrusque.

Dans le domaine de la céramique, les Étrusques ont créé au VIIe siècle av. J.-C. une céramique noire et brillante, appelée le bucchero. C’est la réduction de l’oxyde de fer contenu dans l’argile utilisé qui produit cet aspect noir métallique, imitant les reflets de l’argenterie. Le bucchero apparaît d’abord dans les tombes de Caere, puis dans celles de Veiès et de Tarquinia. On distingue deux catégories de bucchero. Le bucchero pesante est plus gris, plus massif, un peu plus grossier que le bucchero sottile aux parois lisses et fines d’un beau noir brillant. Jusqu’au IIIe av. J.-C., il connaîtra un grand succès auprès des classes privilégiées étrusques autant pour réaliser des ustensiles de la vie quotidienne que des objets de culte.

La peinture étrusque apparaît au VIe siècle av. J.-C. Elle nous est bien connue grâce aux fresques retrouvées dans les tombes de Tarquinia, Chiusi ou Orveto. Danses, banquets, jeux équestres et sports constituent les motifs les plus fréquents des fresques des années 550-540. Plus tard apparaîtront les thèmes tirés de l’au-delà. A contrario, les scènes officielles ou politiques, la glorification des hauts faits militaires sont rarissimes. La technique employée est assez rudimentaire mais les couleurs, le mouvement et l’impression de vie qu’elles dégagent sont remarquables. La peinture étrusque atteint son apogée dans les tombes de Tarquinia.

L’orfèvrerie étrusque atteignit rapidement maturité et originalité. Plusieurs techniques furent employées comme le martelage, le repoussé mais aussi des techniques plus originales comme le filigrane et surtout la granulation qui traduit une très haute maîtrise technique.

La maîtrise de l’art du bronze se traduisit dans la réalisation de miroirs délicats et de grandes statues.

Dans l'Antiquité, avant le recours au verre, les miroirs étaient généralement en métal. L'Étrurie et la cité latine de Préneste ont produit de tels objets en grand nombre, créant formes, décors et style d'une richesse et d'une originalité exceptionnelles. On estime à quelques milliers le nombre de ces miroirs encore conservés dans le monde. Beaucoup cependant n'ont pas encore été édités, et beaucoup ne l'ont pas été de manière scientifiquement acceptable. Pour encourager, poursuivre ou approfondir l'étude de ces œuvres, il est donc apparu utile de grouper en base de données ce qui aujourd'hui peut être provisoirement considéré comme acquis en ce domaine. En guise d'introduction à cette base de données, le chercheur est invité à ouvrir l'exposé de synthèse intitulé Les miroirs étrusques et prénestins. Il y trouvera une présentation et une brève histoire de ces miroirs, ainsi que des recherches qu'ils ont suscitées.

Les miroirs étrusques et prénestins

Autre article : Miroirs étrusques et informatique

Base de données

LES ROIS ETRUSQUES (753 à 5O9 av. J.-C.

· Romulus (mort en 715)

· Numa Pompilius, roi sabin (715-672)

· Tulius Hostilius, roi romain (672-640)

· Ancus Marcius, roi sabin (640-616)

· Tarquin l’Ancien, roi étrusque (616-578)

· Servius Tullius, roi étrusque (578 -534)

· Tarquin le Superbe, fils (?) de Tar

La Civilisation Etrusque