Sicile la mémoire du monde antique
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Sicile la mémoire du monde antique

Avant même de se heurter aux vestiges si bien conserves de la Grèce antique, le voyageur est fascine par la terrible et extraordinaire découverte du socle originel de la Sicile, la terre toujours fumante de ses volcans : l’Etna ou le Volcan. Les bouillonnements sulfureux, les cendrent étincelantes lui indiquent un autre temps : celui du mythe, toujours vivant en Sicile, ou toutes les croyances se mêlent, s’encastrent, se sculptent au creux des pierres, au gré des civilisations, sans jamais mourir tout à fait. Si les forges de Vulcain ne sont pas éteintes, si Charybde et Scylla attendent de nouveaux naufrages, les églises romanes, les fastes de Byzance, les mausolées musulmans, les palais baroques dressent la gloire de l’histoire au croisement de l’Orient et de l’Occident. La Sicile n’oublie rien, la Sicile ne perd rien, c’est un jardin d’histoire baigne par la douce mer ou il fait bon se détendre et se reposer.

La grande épopée des Normands : au IX siècle, la Sicile byzantine est envahie par les Arabes, qui s’intègrent a la population et instaurent, comme ils firent en Espagne, une juste tolérance entre juifs, chrétiens et musulmans. Distribuant la terre du clergé byzantin aux paysans, ils favorisent l’essor de la Sicile, introduisent la canne a sucre, le coton, l’oranger, l’élevage du cheval. Des troubles, pourtant, agitent le pays, et les Maures demandent l’aide d’un condottiere. Roger de Haute ville, qui guerroie alors dans le sud de l’Italie, va ainsi conquérir la Sicile en son propre nom. Le fier chevalier normand impose sa foi par les armes. Roger II, son fils, achève la conquête de la Sicile en 1091. Il est alors sacre roi dans la cathédrale de Palerme. C’est ainsi que les Normands allaient dominer la Sicile durant deux siècles. Tout en installant un régime féodal, les Normands opèrent une extraordinaire synthèse de l’Orient et l’Occident. Ils profitent de tous les bienfaits apportes par la civilisation arabe. La pierre romane se mêle à l’or byzantin et aux architectures mauresques. Les artistes arabes – siciliens travaillent pour les chevaliers et Palerme se couvre d’églises et de monuments civils d’une incroyable beauté. À Palerme, au-delà de la cathédrale, qui fut entièrement remaniée et qui renferme les tombeaux des seigneurs normands, vous trouverez deux purs joyaux de cette époque : la chapelle palatine, ornée d’émaux polychromes, possède en particulier un merveilleux plafond de bois sculpte et un sanctuaire étincelant de mosaïques ; l’église Saint-Jean des Ermites, dont les bulbes rouges font irrésistiblement penser aux premières mosquées. À Monreale, une autre cathédrale, édifiée par Guillaume II le Normand en 1174, renferme également de somptueuses mosaïques et un Christ Pantocrator d’une grande valeur. À Cefalù, Roger II édifie, lui aussi, une grandiose cathédrale dont vous ne pourrez manquer d’admirer la sobre façade et l’abside, avec ses mosaïques. Enfin, sous le règne de l’empereur Fréderic de Hohenstaufen, normand par sa mère et germanique par son père, le royaume de Palerme et de Naples devient un phare dans l’Europe médiévale. Frédéric, curieux de toute chose, s’entoure de savants et de poètes. Les troubadours de Provence, chasses par la guerre des Albigeois, arrivent en nombre dans ce pays de cocagne et se mettent à raconter les chansons de geste. Depuis ce XIII siècle béni, comme rien ne saurait mourir en Sicile, la tradition orale s’est poursuivie et le théâtre des Pupi met en scène les épopées de ces fiers chevaliers. Durant trois, quatre ou cinq heures parfois, les Siciliens tremblent ainsi pour le sort d’une belle princesse normande !

L’histoire : habitée à l’ origine par un peuple d’agriculteurs – les Sicules, la Sicile fut colonisée par les Grecs, qui fondèrent Naxos vers 735 avant J. Câpres l’empire romain, les Byzantins prirent le contrôle de la Sicile, puis ce fut le tour des Arabes (IX siècle). Aux XI et XII siècles, les Normands l’occupèrent. Ensuite, vint le règne de Frédéric II, le monarque germain, qui développa à Palerme une cour cultivée, avec les célèbres écoles de médecine et de poésie. Ce courant de poésie remonta jusqu’en Provence et manifesta le premier essor de la poésie courtoise ; Charles d’Anjou, soutenu par le pape, succéda à Frédéric II. Cruel et brutal, le duc d’Anjou suscita une révolution du peuple sicilien (1285). Les Angevins furent chasses de Palerme. Cet épisode sanglant et glorieux illustra le célèbre opéra de Verdi " les Vêpres siciliennes ". Les Aragonais succédèrent aux Angevins. Rois et barons commencèrent alors à se disputer le pouvoir, et une longue période d’instabilité s’installa en Sicile. Les Anglais dominèrent la Sicile avant le retour des Bourbons sur le trône des Deux  Sicile. Un idéal de liberté murit des cette époque dans l’esprit du peuple sicilien et tout le XIX siècle fut secoue de révolutions. Lorsque Garibaldi débarqua le 11 mai 1860 à Marsala, toute l’île se souleva et se rallia à la cause unitaire italienne.

La géographie : avec ses quelque 25 000 km, la Sicile est la plus grande île de le Méditerranée. Ses trois pointes, ses trois façades maritimes et ses trois chaînes de montagnes, que symbolisent les trois jambes repliées de l’emblème sicilien, constituent ses principaux traits. L’Etna, sur la cote est, est la cime sicilienne la plus élevée (3269 m). Il se dresse, solitaire et redoutable. Les plaines sont rares en Sicile, la plaine de Catane est aujourd’hui asséchée, la culture des agrumes et des vignes y domine. La Sicile de la mer aux couleurs crues et violentes, jalonnée de souvenirs antiques, possède toutes les séductions du paysage marin et de la végétation tropicale : le caroubier, l’oranger, le citronnier prospèrent. Oliviers, amandiers, noisetiers, pistachiers forment d’immenses et magnifiques vergers. Plus loin, vers l’intérieur de l’île, de vastes champs de blé montent leurs damiers blonds jusqu’au sommet des collines. Pas un arbre, pas une maison, l’espace solitaire d’une poignante beauté, et puis soudain, perchée sur un piton calcaire, une ville a 1000 ou 1 200 m d’altitude, recelant pour l’il attendit les coutumes et usages de la vieille Sicile : Enna, Caltanissetta, Calascibetta?

Le climat : le climat de l’ile est méditerranéen (la latitude de la Sicile est celle de l’Andalousie et du Péloponnèse). Les pluies sont rares de mars à octobre, les hivers sont doux, les êtes chauds et secs. N’oubliez cependant pas que l’ile est montagneuse d'ou des écarts de températures importants entres les cotes et le centre, en fonction de l’altitude. Durant six mois de l’année, l’Etna, qui culmine à plus de 3 000 m, est envahi par la neige.

L’artisanat : l’artisanat sicilien est très varie, sa tradition, très tenace, est l’une des plus riches de toute l’Italie. On peut noter : les tapis et les faïences dans la région de Trapani; la vannerie, le travail du liège et les bois sculptent à Agrigente et a Sciacca; les poupées en costumes siciliens, la céramique d’art, les broderies et les dentelles a Enna; les céramiques a Caltagirone et a Santo Stefano di Camastra; les fers forges et les bois sculptes dans la région de Messine ; la marquèterie de nacre, le travail de l’ambre, les figurines de terre cuite dans la région de Catane ; le travail du papyrus a Syracuse ; les céramiques a Noto.

La gastronomie : Lhistoire de l’art culinaire en Sicile est le résultat de milliers d’années d’histoire et de la superposition des cultures innombrables et différentes qui se sont succédé au cours des siècles. Les anciennes racines grecques trouvent leur expression dans les recettes simples et naturelles élaborées à partir de poisson très frais, thon ou espadon pèche le long des cotes, et les arômes de saison. Mais c’est aux Arabes qui dominèrent l’île entre l'IX et le XI siècle, que la cuisine insulaire doit le caractère particulier qui la distingue encore aujourd’hui. Les Siciliens, en effet, introduisirent les épices dans leur cuisine et notamment dans le Couscous, très à la mode dans la région de Trapani. L’empreinte laissée par la civilisation orientale est également présente dans la pâtisserie avec les célèbres cassates (de l'arabe gag at.), une invention arabe et les sorbets (dérive de sciara) aux goûts varient et surprenants (jasmin, cannelle, café blanc?). La renommée des vins siciliens, comme le fameux Mamertino qui régnait déjà en maître a la table de Jules César, remonte à l’Empire roman. 

 

 

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