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Mantoue est un lieu lié au nom d’une famille, les Gonzaga. Grands mécènes de la Renaissance, ils ont su transformer en petite capitale la ville dont ils étaient les Seigneurs. À leur cour ont travaillé des artistes tels que Pisanello, Mantegna, Giulio Romano, Rubens.

La résidence principale des Gonzaga, centre du pouvoir politique, est le Palais Ducal, aussi important que le Palais Te, la plus fastueuse et célèbre de leurs villas, lieu conçu pour les plaisirs et l’otium du Seigneur.

Le centre ville, avec ses édifices du Moyen Age, en briques, est paisible et vivant en même temps. Il se compose d’une série de petites places, animées par les terrasses des restaurants et par de nombreux festivals et événements culturels.

Pour son importance la ville de Mantoue, avec la plus petite Sabbioneta, ont été classées en 2008 patrimoine de l’humanité.

Une ville qui n’a pas perdu le contacte avec le milieu rural, où on peut essayer l’une des meilleures traditions gastronomiques de l’Italie, basée sur des produits fermiers d’une campagne qui est juste hors la ville, avec ses produits frais et pleins de goût.

Laissez-vous conduire à travers l’histoire de cette ville, à la découverte de ses trésors grands et petits. Je mets mon expérience, mes compétences et toute ma sensibilité au services de mes hôtes.

Le palais Ducal se trouve sur la place Sordello. Le palais est composé de 500 pièces, 1 5 cours et jardins. Sa dimention est de 34000 m2 . Le palais de la famille Gonzaga est énorme une véritable « cité dans la cité » et «une ville en forme de palais» avec des rues, des places et des cours qui a été commencé au XIV e siècle et remanié par l’architecte Jules Romain à qui nous devons Le Cortile della Cavallerizza. Le palais, en tant que symbole du pouvoir, donne un grand élan à la création artistique: pendant quatre siècles de domination les Gonzague transforment Mantoue ville-cour avec un palais digne d'un roi, comptant plus de 500 salles luxueuses, des cours intérieures et dens jardins suspendus. Il en va de même pour les petites cours de province, telles que Volta Mantovana , Castiglione, Revere, etc. Cette merveilleuse activité artistique connaîtra un nouvel élan au XVIIIe siècle, avec l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche.

Nombreaux sont les "trésors" qui y sont encore conservés: avec la Chambre des Époux d'Andrea Mantegna, la salle du Pisanello , dont le cycle chevaleresque est l'une des plus belles expression du   style courtois , la salle des Tapisseries Raffaelleschi, la pièce avec le célèbre Plafond du Labyrinthe, la collections de sculptures anciennes, la Salle de Troie, l'Appartement vedovile d'Isabella d'Este. La salle de Pisanello située dans un petit bâtiment de la fin de l'époque gothique prend le nom de l'auteur de la grande fresque réalisée entre 1422 et 1442 sous la domination de Gianfrancesco Gonzague et découverte seulement au XXème siècle sous des fresques et des décorations d'époques successives. Le sujet de l'œuvre de Pisanello , qui ne sera jamais complètement terminée par le maître , s'inspire de la soi-disant histoire de Bretagne, et en particulier de Lancelot, roman très diffusé dans les cours de la fin de l'époque gothique.

Dans le Château de Saint Giorgio on peut admirer le célèbre trompe-l'oeil de la Chambre des Epoux, que Ludovic Gonzague commanda en 1464 à Andrea Mantegna. L a chambre des Époux, décorée par Mantegna est un exceptionnel ensemble de fresques présentant un défilé des membres de la famille Gonzague, sur fond de paysage en trompe-l’œil.

La majestueuse salle des Archers va de l'antichambre à l'appartement privé de Vincenzo I Gonzague et prend le nom du corps de garde personnel du duc. La salle accueille le retable La Famiglia Gonzaga in adorazione della Trinità (1605) de Pietro Paolo Rubens.

L'appartement de Tasso se compose d'une série de pièces de dimensions minimes comparé aux fastueuses salles qui lui sont contigües (Salle de Manto, Chambre des Capitaines, Chambre des Marquis) et d'une logette. Dans ces lieux, donnant sur le lac, où selon la tradition aurait été accueilli Torquato Tasso, l'architecte et antiquaire napolitain Pirro Lagorio livra au Duc Guglielmo les iconographiques qui décorent encore aujourd'hui ces pièces: Storie dell'evoluzione umana, d'après le texte de Vitruvio et inspiré de Lucrezio et Virtù, oeuvres de Lorenzo Costa le Jeune.

Mantoue retrouve les fastes des ducs de Gonzague

De Mantegna à Titien, une ambitieuse exposition évoque les collections légendaires des seigneurs de la ville

Le temps d’une exposition, Mantoue réunit une partie de la légendaire collection des ducs de Gonzague, qui possédaient des tableaux des plus grands maîtres, de Mantegna à Rubens, et quantité de somptueux objets d’art. Autant de chefs-d’œuvre mis au service d’un ambitieux dessein politique.

MANTOUE - L’exposition “La galerie céleste des Gonzague” réunit 90 tableaux des plus grands artistes européens du XVe au XVIIe siècle et près de 200 bijoux, cristaux, armes, petites sculptures en bronze et manuscrits. Elle aura nécessité cinq années de travail, de séminaires, de congrès, et la collaboration de soixante savants italiens et européens, tous historiens de l’art ou archivistes, sous la direction et la coordination de Raffaella Morselli (qui a été l’âme de l’exposition) et d’Andrea Emiliani. Sept chercheurs ont classé dix mille lettres du XVIe et du XVIIe siècles envoyées de Mantoue ou adressées aux résidents de cette ville. Enfin, ont été sollicités 84 prêteurs parmi les plus grands musées italiens et internationaux, et une collection privée australienne qui, par un hasard incroyable, possède le Portrait de Ferdinand de Gonzague jeune par Rubens. Tous ces travaux préparatoires justifient le retard avec lequel ouvre au Palazzo Te et au Palazzo Ducale de Mantoue l’exposition très attendue sur l’activité de collectionneur de ses anciens seigneurs, les Gonzague.
Née d’un vaste projet de recherche, dirigé par Raffaela Morselli, sur l’activité de collectionneur des Gonzague entre le XVIe et le XVIIe siècle, et qui sera publié en douze volumes (trois sont déjà parus), “La galerie céleste des Gonzague” est le fruit d’une fascinante enquête. Pour avoir une idée de la difficulté de l’entreprise, il suffit de suivre l’enchevêtrement des événements qui ont permis la formation et la brutale dispersion de ce qui est à juste titre considéré comme un des premiers musées du monde. Si cette collection a été la plus prestigieuse de son temps, elle en a aussi été la plus convoitée et la plus menacée. Il s’agissait non seulement d’une véritable entreprise artistique mais aussi d’une opération diplomatique. En effet, au-delà de mariages judicieux, l’excellence de la collection a valu aux Gonzague, seigneurs en marge de par leur pouvoir politique et leur situation géographique, une position au premier plan des puissances européennes. De nombreux membres de cette illustre famille ont contribué à la constitution de ce patrimoine, depuis la belle et très cultivée Isabelle d’Este, épouse Gonzague, dont Léonard a peint le portrait en 1499, jusqu’à ses descendants, et notamment les trois Gonzague qui ont régnié entre 1563 et 1630, qui l’ont enrichie. Au fil du temps, la collection est devenue colossale, rassemblant 2 000 tableaux des plus grands maîtres ainsi que 20 000 objets précieux, disposés savamment dans les salles de ce Palazzo Ducale – qui apparut à Montesquieu comme une ville dans la ville. Initiée par le malheureux Guillaume de Gonzague, laid, bossu et disgracieux, mais à qui l’on reconnaît aujourd’hui une personnalité de collectionneur de premier ordre, l’ensemble fut énormément enrichie par son fils, Vincent Ier (un Habsbourg par sa mère), qui était lui beau, exubérant, sanguin et tellement passionné par le luxe et la beauté qu’il demanda qu’on amasse ses objets les plus précieux sur son lit de mort. Après lui, son fils Ferdinand (un Médicis par sa mère), homme triste et génial, doté d’un esprit systématique et méthodique, a non seulement voulu développer cette collection déjà vieille d’un siècle mais aussi la mettre en ordre. Pour conjurer l’extinction de la famille qu’il savait proche (elle manquait d’héritiers mâles alors que la guerre saignait à blanc le duché), Ferdinand en a fait dresser l’inventaire en 1626-1627. Établissant une véritable carte du trésor, ce dernier a permis de remonter un à un les fils emmêlés qui menaient à ces œuvres aujourd’hui dispersées dans le monde entier. Celles-ci avaient été commandées directement aux artistes ou le plus souvent acquises par des agents du duc. On retrouve ainsi dans cet ensemble des artistes comme Mantegna (David avec la tête de Goliath), Quentin Metsys (Portrait d’Erasme), Dürer, Lorenzo Lotto, Dosso Dossi, Corrège (L’Éducation d’Amour), Titien (Portrait d’une jeune femme à sa toilette), Giulio Romano (La Naissance de Bacchus), Tintoret, Véronèse, Sofonisba Anguissola, Brueghel le Jeune, Guido Reni, Dominiquin (la Sainte Agnès identifiée par l’une des conservatrices d’Hampton Court), Domenico Fetti, Guerchin (Herminie parmi les bergers), ainsi que Francis Pourbus, auteur du Portrait de Vincent Ier. Figure également Pierre Paul Rubens, peintre de la cour de Vincent de Gonzague, dont l’Assemblée des Dieux provenant des Galeries du château de Prague appartiendrait à un cycle sur Enée, tout comme une toile venant de Fontainebleau.
La vente en 1628 d’une partie des collections à Charles Ier d’Angleterre et le sac de Mantoue par les Lansquenets en 1630 ont provoqué la diaspora des tableaux et des objets les plus précieux. Après l’exécution du souverain britannique en 1649, de nombreuses œuvres ont de nouveau été vendues. L’exposition réunit ces trésors pour la première fois.
Le parcours du Palazzo Te regroupe les œuvres selon l’ordre et les lieux cités dans l’inventaire de 1627 ; certains de ces lieux étaient déjà des espaces d’expositions, d’autres étaient restés tout à fait privés. Le Palazzo Ducale présente quant à lui les projets architecturaux et décoratifs de ce qui a été pendant quatre siècles le palais des Gonzague, que chaque membre a voulu améliorer, enrichir, et rendre plus précieux, afin de s’asseoir d’égal à égal à la table des grands d’Europe.

 

Ludovico Gonzaga (1444-1478)

Comme les autres princes-condottieres des cours padouanes de son temps, Ludovico Gonzaga (marquis de Mantoue 1444-1478) était à la fois un guerrier et un lettré. L'école de l'humaniste Vittorino da Feltre l'avait formé ; il y avait principalement étudié les auteurs grecs et latins, les rudiments de la mathématique et la pratique du dessin. Vers la fin des années 1450, le Pape Pie II Piccolomini choisit la ville de Mantoue pour siège de la Diète, qui s'y déroula de mai 1459 à janvier 1460. Le marquis eut donc à faire face à l'organisation d'un événement qui devait faire de la cour des Gonzaga un des centres les plus importants d'Italie, à l'égal de ceux de Ferrare, Florence et Rome . Ainsi, dès la fin de 1458, il lança et dirigea lui-même une restructuration substantielle de Mantoue, selon les principes de la Renaissance. Il commença par des constructions au château San Giorgio, dont il avait fait la nouvelle résidence urbaine de sa famille et de sa cour. Afin d'adapter l'ancienne architecture gothique du manoir à ses exigences personnelles c'est-à-dire à son goût et à la façon, dont il voulait l'habiter, Ludovico fit appel à des architectes florentins, Antonio Manetti, Luca Fancelli, Francesco Laurana, et à un ingénieur, Giovanni da Padova. Plus tard, au moment du Concile, il s'assura la collaboration de Léon Battista Alberti, venu dans la cité en tant que secrétaire apostolique. On doit à cette architecture humaniste les projets concernant l'église de Saint-Sébastien et la reconstruction de Sant' Andrea. Le goût de la cour à Mantoue, vers la fin des années 1450, tourna au "moderne", selon le sens que lui donne Filarete.

Ludovico Gonzaga et sa cour , détail, 1465-1474, fresque, Andrea Mantegna, (Mantoue, castello di San Giorgio). Le marquis Ludovico assis, est entouré de sa femme Barbara de Brandebourg, à gauche du marquis se tient son fils Gianfrancesco, qui pose une main sur l'épaule de son jeune frère Ludovico. Le personnage en noir est soit un précepteur - mais pas celui de Ludovico, Vittorino da Feltre, mort en 1446 -, soit un humaniste résidant au château. Mantegna montre le marquis et sa famille assez détendus, comme l'indique la conversation de Ludovico avec l'un de ses messagers ou serviteurs, certainement au sujet de la lettre qu'il arbore. L'image convaincante que Mantegna sut donner d'une cour bienveillante et accessible influencera favorablement toute l'histoire ultérieure de la famille Gonzaga.

L'effort incessant de construction et de décoration porta sur l'extension de la résidence principale des Gonzaga à l'est de la ville : deux palais surgirent hors les murs à l'ouest (San Sebastiano et le palais du Té, construit par Giulio Romano au début du XVIe siècle) et bien d'autres dans les environs ou sur les territoires dépendants. Grâce aux Gonzaga, l'école de l'humaniste Vittorino da Feltre forma toute une génération de cadres, de lettrés et de commis de cour. Parmi les écrivains qui bénéficièrent du soutien des Gonzaga, citons Platina, Castiglione et le Tasse. La ville ne possédait pas de tradition autonome dans le domaine des arts plastiques, mais les Gonzaga puisèrent abondamment dans les traditions "étrangères", notamment vénitiennes. En 1500, Mantoue comptait 25 000 âmes et ce chiffre ne cessa de croître. L'agriculture et l'élevage y prospéraient. L'industrie des lainages et de la soie reprit vigueur dans la seconde moitié du XVe siècle. La cour employait une bonne partie de la population, surtout dans le secteur lié au bâtiment. Les premiers travaux se concentrèrent sur l'ensemble des bâtiments appelé la Corte, qui comprenait les deux anciens palais de la famille Bonacolsi (bannie par les Gonzaga en 1328). Parmi ses nombreuses sales peintes, la plus étonnante était la grande Sala del Pisanello, sur un thème arthurien.  

Scène de banquet ; Scène de tournoi , détails, vers 1447-1448 environ, fresques, Pisanello, (Mantoue, Palazzo Ducale, sala del Pisanello). La décoration de la salle, ce fut peut-être la première oeuvre importante commandée par Ludovico Gonzaga, commencée vers 1447-1448, et abandonnée lorsque Pisanello partit pour Naples (pour une large part, le projet ne dépassa pas le stade de dessin préparatoire (sinopia). Le sujet inspiré du monde de la chevalerie - un tournoi et un banquet grandioses - convenait bien aux idéaux de Ludovico, jeune condottiere et chevalier de l'ordre du Cygne (prestigieux ordre allemand auquel il appartenait, avec son épouse Barbara de Brandebourg). Ludovico et son père Gian Francesco apparaissent en illustre compagnie des héros de la Table ronde. Les fresques de Pisanello au palais ducal de Mantoue, indiquent bien la forçe de persuasion de l'image dans le cadre du mythe.

La grande révolution opérée par l'humanisme pendant la Renaissance dans le domaine éducatif fut remarquable. Tandis que voient le jour les premiers grands traités pédagogiques des Temps modernes, les humanistes Guarino de Verona et Vittorino da Feltre organisent un type de collège-internat destiné à former les classes dirigeantes des nouveaux Etats, les futurs enseignants et les futurs érudits. Le grand philologue Guarino (1374-1460), commence en 1420 à Vérone, où il tient une école privée et payante, chez lui aidé par sa femme et par des collaborateurs extérieurs (un de ses élèves les plus chers sera Leonello d'Este) ; L'école de Vittorino di ser Bruto dei Rambaldi (de Feltre, (1378-1446), établie dans la "Giocosa" (la maison de jeu) mise à la disposition du Maître par Gianfrancesco Gonzaga, marquis de Mantoue, en 1423, s'emploie à offrir un enseignement "avec tous les agréments", en toute "liberté", et rassemblant des riches et des pauvres. L'enseignement, fondé sur les oeuvres classiques, va constamment de pair avec l'exercice physique, pratiqué sous forme de jeu ou de compétition, dans une atmosphère d'affectueuse familiarité. Nous trouvons au premier plan, chez Vittorino, la préoccupation "humaine" : "omnis humanitatis pater" (père de toute l'humanité), telle est la devise gravée au revers de la médaille où Pisanello a représenté l'effigie de Maître. Un de ses élèves, qui fut son biographe, a écrit de lui que "le genre humain était sa famille". Au-dèla d'une certaine tournure rhétorique, c'est probablement ici, dans cet idéal d'éducation universellement humaine, que la signification de l'humanisme renaissance s'est mieux exprimée. Sans aucun doute, l'enseignement humaniste, qui caractérisa l'Europe entre le XVIe et le XVIIIe siècle, s'est défini en Italie au XVe siècle, à la convergence entre la littérature éthico politique et l'action pratique des nouveaux professeurs. Il entendait répondre aux besoins et aux idéaux des états-villes en voie de transformation. Cette instruction, axée sur les "studia humanitatis", se rattache au concept de citoyen qui caractérise cette période.

La rencontre , détail, fresque de la Chambre des Epoux, Andrea Mantegna, (Mantoue, Castello di San Giorgio). Gianfrancesco Gonzaga, marquis de Mantoue et condottiere, confia à Vittorino da Feltre sa bibliothèque et l’éducation de ses fils dans l’école mantouane que dirigeait l’humaniste. Le grand condottiere érudit, Federico de Montefeltro y avait étudié avec Ludovico Gonzaga, pendant les deux années qu'il avait passé comme otage à Mantoue ; il y avait appris l’art et la science militaires concurremment avec la langue latine : en effet, « il y a un très grand avantage pour un capitaine d’armes à savoir la langue latine par rapport à celui qui l’ignore ; parce qu’une bonne partie de ses faits d’armes s’effectue à l’imitation des anciens et des modernes".

En janvier 1457, Andrea Mantegna (Isola de Carturo - Padoue 1431 - Mantoue 1506) avait déjà accepté l'offre que lui avait faite le marquis Ludovico Gonzaga : partir de Padoue pour Mantoue. Il s'agissait là d'un changement radical, à tous les points de vue mais surtout sur le plan professionnel. Il allait devoir travailler en tant que peintre de cour. Mais les goûts du nouveau commanditaire différaient entièrement de ceux de l'aristocratie citadine et du puissant clergé, grâce auxquels le peintre s'était fait une immense réputation à Padoue. En effet, Mantegna exécuta entre 1448 et 1457 un cycle de fresques dans la chapelle Ovetari des Eremitani ("Scènes de la vie des saints Jacques et Christophe"), qui marquèrent l'avènement de la peinture de la Renaissance en Italie du Nord. Dans ces fresques, Mantegna s'était livré à une brillante démonstration de son talent à l'intention d'un public capable d'en apprécier toutes les facettes. Il avait utilisé pour cela un langage humaniste élaboré qui alliait tout à la fois légèreté et sérieux, nécessité et érudition. Cela valut à la chapelle Ovetari d'être considérée comme l'oeuvre charnière du début de la Renaissance et à Mantegna de se voir invité à Mantoue en qualité de peintre officiel de l'un des plus grands seigneurs humanistes, Ludovico Gonzaga. La masse de travail que lui restait à achever à Padoue retarda le départ du maître pour Mantoue jusqu'aux premiers mois de 1460. Par la suite, Andrea devait rester définitivement à la cour des Gonzaga. Il y travailla jusqu'à sa mort survenue en 1506, et servit trois des marquis : Ludovico, Federico son fils qui lui succéda en 1484, Francesco son petit-fils, qui mourut en 1519. Il se trouva aussi, à la fin de sa carrière, au service de l'épouse de Francesco, Isabelle d'Este.

Saint Jacques devant le juge , détail, Fresques de la chapelle Ovetari photographiées avant leur destruction en 1944, (Padoue, eglise des Eremitani, chapelle Ovetari). Il se peut que Mantegna n'eût que dix-huit ans lorsqu'il signa le contrat pour la décoration à fresque de la chapelle Ovetari, bombardée au cours de la deuxième Guerre Mondiale, dont il nous reste que deux fresques partiellement conservées et de nombreux documents photographiques.

Funérailles de la Vierge , détail, Andrea Mantegna, (Madrid, Museo del Prado). La grande nouveauté initiée par cette peinture est l'ouverture de l'architecture par une fenêtre, donnant sur un extraordinaire paysage : le lac Mezzo formé par le Mincio et refermé par le bourg de San Giorgio à Mantoue. L'oeil a ainsi l'illusion de sortir des limites de la pièce. Cette vue précise correspondait à ce que l'on pouvait voir en se penchant d'une des fenêtres de la "Chambre des époux", à laquelle travailla Mantegna à partir de 1465. On peut donc en déduire que le tableau était destiné, à l'origine, à décorer une pièce du château de Mantoue. L'illusion de la réalité, que l'artiste a recherchée depuis le début de sa carrière, atteint dans cette oeuvre un résultat tout à fait spectaculaire. Ce panneau remonterait à la fin du séjour de l'artiste à Padoue.

Les premiers documents concernant les commandes passées par Ludovico Gonzaga à Mantegna, datent de l'été de 1459. Le marquis avait alors plusieurs choses à lui communiquer: les travaux de décoration de la future chapelle du château de San Giorgio et l'élaboration des peintures destinées à l'orner. Au cours du XVIe siècle, on refit la chapelle de Ludovico, et on enleva les oeuvres de Mantegna qui la décoraient. Les tableaux représentant les "Funérailles de la Vierge", l'"Adoration des Mages", l'"Ascension" et la "Circoncision" sont considérés par les chercheurs comme les vestiges de cette décoration.

Adoration des Mages , vers 1464, Andrea Mantegna, (Florence, Galeria degli Uffizi). Dans cette peinture, l'artiste a, grâce à des oppositions de lumières et de couleurs, détaché ses figures élégantes d'un fond architectural "moderne", comme dans un bas-relief. Les constructions peintes, inspirées d'Alberti, sont enrichies de marbres blancs et polychromes, de précieuses pierres colorées ; tous sont rehaussés d'or avec une grande maîtrise. L'atmosphère raréfiée et à l'antique de cette composition pleine de mesure annonce ou, plus probablement, reflète le goût, la facture subtile et minutieuse de la "camera picta".

 Ce fut peut-être au cours de l'une des visites d'Alberti à Mantoue que fut abordé pour la première fois le projet de décorer la salle d'audience privée du marquis avec un cycle de fresques mettant en scène les divers membres de la famille et de la cour des Gonzaga. Le 26 avril 1465, on commanda la chaux pour les murs ; la date du 16 juin 1465, peinte en graffiti sur l'embrasure de l'une des fenêtres, commémore le début des travaux et fait référence à la naissance de Ludovico. Conformément à la pratique en vigueur, les travaux débutèrent par le plafond, et se poursuivant par le mur de la cheminée avec les portraits de Ludovico et Babara de Brandebourg flanqués de leurs enfants et domestiques, puis avec les autres murs dans le sens des aiguilles d'une montre pour finir par celui où l'on voit Ludovico accueillant son fils le cardinal Francesco Gonzaga. L'attention quasi obsessive que Mantegna portait au détail et au raffinement fit qu'il s'écoula neuf ans entre le début et la fin des travaux, et que, durant cette période, les enfants grandirent, les adultes vieillirent, les courtisans furent remplacés ou moururent, des souverains étrangers, notamment Christian Ier, vinrent à Mantoue. Ces changements durent être pris en considération lors de l'exécution de la commande.

Vue de la Chambre de Epoux , (Mantoue, palais ducal). Pour apprécier cette salle à sa juste valeur, il convient d'abord de reconnaître qu'elle constitue en soi une véritable prouesse illusionniste. L'éclairage étant essentiel à l'illusion, Mantegna s'attacha à différencier une lumière réelle diffusée par les deux fenêtres et illumina les reliefs du plafond, les pilastres et les figures debout sur le lambris, et une lumière "extérieure", éclairant le paysage lointain et les figures penchées au-dessus de l'oculus.

Chambre de Epoux , détail de la Cour (l'épouse Barbara de Brandebourg accompagnée de sa fille Paola qui tient une pomme à la main ; une naine), (Mantoue, Castello di San Giorgio).

La pièce est située à l'étage noble de la tour nord-orientale du château de San Giorgio. Conformément aux habitudes de la cour, cette "Camera" servait à la fois de chambre à coucher et de salle d'audience. Elle possède deux portes et deux fenêtres, dont l'une offre une vue sur le lac qui entoure pratiquement toute la ville. Comme dans la chapelle Ovetari de Padoue, Mantegna s'appuya sur l'architecture réelle de la pièce pour élaborer une architecture fictive aussi complexe qu'exceptionnelle par son élégance et sa richesse. Ces pilastres donnent l'illusion de soutenir une voûte décorée de putti sculptés, des bustes des huit premiers empereurs romains et, dans les écoinçons, de scènes tirées de la vie d'Hercule, d'Orphée et d'Arion - figures sans doute symboliques des ambitions militaires et culturelles de Ludovico. Dans la "Chambre des Epoux", l'ensemble de fresques a été presque entièrement conservé. Le mur abritant la cheminée a été dans sa majeure partie peint "a secco", avec emploi de l'huile, de même que les rideaux, alors que le mur ouest a été exécuté selon une technique plus conventionnelle combinant la "buon fresco" et la peinture "a secco" pour les détails de finition.

Chambre de Epoux : Palefreniers avec un cheval et des chiens, (Mantoue, Castello di San Giorgio)

Chambre de Epoux : La Rencontre, (Mantoue, Castello di San Giorgio). À droite, dans le dernier tiers de mur, les dirigeants masculins de la famille Gonzaga se retrouvent avec quelques-uns de leurs proches de sang noble et leurs valets dans un tableau de groupe soigneusement agencé qui, dans son tracé formel, rappelle les bas-reliefs romains de l'époque aurelienne. Cette fresque a pour sujet la gloire et la pérennité de la lignée des Gonzaga, et non quelque événement de leur existence, et c'est pour cette raison qu'y figure en toile de fond une vue idéalisée de Mantoue. Hors des murs de la ville se dresse un temple ou un bâtiment ressemblant à une ville au tympan duquel une décoration sculpturale semble représenter Orphée charmant les animaux. Près de là, une statue d'Hercule évoque un autre trait caractéristique des Gonzaga qui gagnaient leur vie comme capitaines à gages

Plafond avec Oculus , Chambre des Epoux, (Mantoue, castello di San Giorgio). Aucune partie de la Chambre des Epoux n'est plus célèbre et n'eut d'avantage de fortune critique que cet oculus en trompe-l'oeil. Celui-ci se voulait sans doute d'abord un tour de force illusionniste dont la présence dans la chambre relavait tout à la fois du témoignage artistique et de l'interpolation récréative. C'est la seule scène dans laquelle l'action et accomplie par le spectateur et non par quelque protagoniste de la fresque. Tandis que l'un des putti menace de lancer une pomme brandie au-dessus du vide, une femme élégamment vêtue joue d'un air malicieux avec la barre de bois sur laquelle un bac à citrus repose en équilibre précaire. Les autres femmes du groupe se réjouissent à la perspective de voir la surprise du spectateur et il est clair que cette scène à été conçue à l'intention de ce dernier.

Federico Gonzaga qu'avait succédé Ludovico en 1478, mourut à Mantoue et son frère Francesco, qui à dix-huit ans lui avait succédé à la tête de l'Etat, engagea Mantegna en 1484, afin qu'il décore la chambre du Palais ducal où il allait habiter. Le 4 février 1492, dans un décret où il donnait au peintre un terrain, en signe d'anoblissement, le marquis Francesco énumérait, parmi les oeuvres exécutées par l'artiste pour la cour, comme "remarquables et dignes d'admiration" celles qu'il avait peintes autrefois "dans la chapelle et la chambre de notre château" ; il mentionnait aussi le "Triomphe de Jules César" que l'artiste était en train d'exécuter. Ces oeuvres, dans le cadre de la diplomatie menée par la cour de Mantoue, jouaient sans aucun doute un rôle fondamental dans la représentation et l'affirmation du pouvoir des Gonzaga. L'ambassadeur vénitien, lors de sa visite au château de San Giorgio, en décembre 1493, fut mené justement à la "camera dipinta", à la "petite chapelle" et devant le "Triomphe". Entre avril 1488 et octobre 1490, Mantegna interrompit l'élaboration du "Triomphe" pour se transférer à Rome, au service d'Innocent VIII. Pendant ce temps, à Mantoue, on préparait activement les noces de Francesco Gonzague et d'Isabelle d'Este. C'est pour cette raison que le marquis demanda à son peintre de rentrer. Il peignit pour le compte du marquis, entre 1495 et 1496, une "Madone de la Victoire" (Louvre). Pour son épouse, il peignit "Le Parnasse" (Paris, Louvre). Andrea Mantegna mourut le 13 septembre 1506. Parmi ceux qui le regrettèrent figure Albrecht Dürer. Il rapporta qu'à ce moment-là, il avait éprouvé "la plus grande douleur de sa vie". Dürer l'avait découvert et égalé, à sa manière, dans une série de dessins exécutés au cours de son premier voyage à Venise entre 1494 et 1495.  

Saint Sébastien , vers 1480, (Paris, musée du Louvre). Le saint martyr a été lié à la colonne d'une construction antique en ruine ; parmi les différents fragments de l'Antiquité situés à gauche, on voit le pied d'une statue. Un paysage rocailleux occupe le fond ; il est dominé par un château ; en bas, on voit une place entourée d'édifices antiques ruinés. Sur la droite et au premier plan, apparaissent les bustes des bourreaux. Le soin, l'attention, le raffinement avec lesquels Mantegna reconstitue l'Antiquité en ruines montre sa volonté de conserver les souvenirs d'un monde dont les vestiges le fascinaient. L'image de la ruine, dont Mantegna est peut-être l'inventeur, semble être le manifeste d'une volonté de conserver ce qui pouvait être sauvé, en montrant la beauté de ces fragments  

Triomphe de César (Porteurs de pièces d'orfèvrerie, trophées et couronnes), Andrea Mantegna, (Londres, Hampton Court). Malgré les nombreuses inscriptions latines pour la plupart déchiffrables, nous ignorons lequel des triomphes de César est célébré dans ces toiles. Les sources iconographiques semblent limitées à des antiquités se trouvant alors à Padoue, Venise, Vérone et Mantoue, ce qui confirme le peu d'influence du séjour romain sur la culture classique de Mantegna. Les "Triomphes" quittèrent les collections des Gonzaga et Mantoue en 1629, quand Charles Ier d'Angleterre en fit l'acquisition. Nombreuses sont encore les questions non résolues posées par ce célèbre cycle pictural. Elles concernent entre autres, la datation générale, la chronologie d'exécution de chaque toile et l'identité exacte du commanditaire. D'après les archives, il ressort que l'exécution matérielle des toiles fut tout entière menée sous le marquisat de Francesco II Gonzaga.

 

Masoero Ada

Mantova - Mantoue

Mantova, ville Lombardie Renaissance, est placé dans une position merveilleuse : elle est baignée par trois lacs datant du Moyen Age, créé avec les eaux de la rivière Mincio. Riche en histoire et la culture, y compris ses plus célèbres coins citant Piazza Erbe et Piazza Sordello, Della Ragione et Palazzo Te. En collaboration avec le Sabbioneta à proximité de l'UNESCO. Visitez Mantova et son territoire est aussi découvrir une gastronomie excellente, et dégusté une cuisine raffinée, une partie de qui nous vient de l'époque de la Gonzaga.
La province est les terres alluviales du Pô aux collines Basso Garda.
 Autant de produits fins, dont les faits saillants comprennent le porc, le riz Vialone Nano et la citrouille. Et puis les melons et les pastèques, les poires et les pommes, les oignons, et même des truffes (blanc et noir), tout type de telle ou telle partie du territoire.
L'abondance de l'eau apporte aussi des poissons, comme le brochet, l'anguille, le poisson-chat et "saltarèi" (crevettes d'eau douce).
Bien que le choix des vins soit large, de Lambrusco Basse, aux différents Pinot, Merlot, Chardonnay, Cabernet d'emballages.
 En ce qui concerne le fromage, ici, il se termine la zone Parmigiano Reggiano (sud du Pô) et commence celle de Grana Padano (nord), et ils produisent à la fois.
De porcs sont obtenus salami Mantoue (assaisonnée de sel, de poivre et de l'ail), la saucisse (saucisse avec le même bronzage), la pista de gras (saindoux mélangé avec de l'ail, accompagnant la polenta).
Le pilote de risotto, né aux travailleurs des champs de riz, est cuit avec les pâtes de la saucisse.
 Il y a aussi la version avec PUNTEL (renfort), qui est, avec l'ajout de rôti côtelette de porc.
La cuisine locale est étroitement liée à l'Emilie voisine et Vérone, et endroits plus éloignés.
 En tant que premier, risotto de côté, nous parler de la célèbre tortelli de citrouille (avec macarons et moutarde Mantoue), provenant en partie de la tradition juive ; les anges (farcis de pâtes d'oeuf avec de la viande) servis dans un bouillon, mais aussi avec l'ajout de vin ; tortelli amères, farcies aux herbes et « herbes amères » (Tanacetum balsamita, relative de Maresina); l'capunsei (boulettes de pain rassis dans du bouillon ou de beurre fondu), peut-être dérivé de boulettes tyroliennes.
Comme plats principaux nous bouillies classique toujours accompagnés de moutarde (confitures de coings et de la moutarde), le poisson, les ragoûts de beauf ou l'âne avec de la polenta, la saucisse, la salade médiévale Stefani (avec chapon, raisins secs et noix).
Enfin, les desserts :
 le fameux sbrisolona (gâteau granuleux amande) avec une plage de sable (une sorte de gâteau au paradis); bussolano (relative des "buslàn" fromage); Ring Monaco (d'origine allemande, couverte de glace); l'sugoli (de moût pudding, similaire à sauces Reggiani).

 

 

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