Embalage jetables : le fléau
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L’emballage jetable, ou à usage unique, sous toutes ses formes est aujourd'hui omniprésent et intimement lié à la consommation. 

Il y a le suremballage que l'on remarque et qui agace, car on est obligé de s'en débarrasser à peine arrivé chez soi : carton entourant les pots de yaourt, double emballage des biscuits, emballages surdimensionnés des produits électroniques... 

Mais ce n'est pas tout : ces emballages excessif ne sont que la partie émergée de l'iceberg. D'autres emballages tout aussi jetables sont devenus la norme de conditionnement en quelques décennies : pots de yaourt, sachets et autres emballages individuels, bouteilles en plastique, barquettes de polystyrène. On ne les rencontre pas seulement dans les grandes surfaces alimentaires : ils ont aussi envahi le champ de la restauration hors domicile (parfois même alors que le repas est pris sur place) ou des produits cosmétiques, culturels, ménagers, tous soumis à couverture plastique.

En outre, les emballages dits primaires (ceux destinés à la vente finale au consommateur) ne représentent qu'une partie des emballages jetables. Les modes de distribution dominants D'ont, la vente en grandes surfaces - impliquent en effet une série d'emballages secondaires et tertiaires que l'on aperçoit parfois au détour du réassort des rayons. Ce sont ainsi des millions de palettes (pas toujours consignées), cartons, films en plastique, cartons et plastiques de calage qu'il faut ajouter au décompte des emballages ménagers. Débarqué en France en 1992, le tri sélectif a permis de développer des filières de recyclage quasi-inexistantes auparavant. En moins de vingt ans, les progrès sont appréciables... Et pourtant, on ne recycle aujourd'hui en moyenne que la moitié des emballages ménagers. L'autre moitié achève sa vie dans un incinérateur ou une décharge ! Pourquoi ? 

Cela tient en premier lieu au choix, remontant donc à 1992, des filières de recyclage développées en France. Dans notre pays, parmi les emballages plastiques, seuls les flacons et bouteilles sont recyclés. Autrement dit, tous les pots de yaourt, films et autres barquettes finissent à l'incinérateur ou en décharge. Les emballages des écorecharges, s'ils sont à favoriser, car plus légers que leur équivaillent initial, sont ainsi rarement recyclables. 

Il faut par ailleurs souligner que les emballages composites (ceux mêlant carton et plastique comme les briques alimentaires, ou utilisant plusieurs types de plastiques différents) sont très difficiles à recycler. 

Enfin, même parmi les emballages en matériau recyclable et pris en charge en France, le gisement n'est pas capté à 100 %. Les fabricants de bouteilles en plastique estiment eux-mêmes que seule une bouteille sur deux est collectée. 

Les gestes durables 

Le recyclage ne constitue cependant pas une solution parfaite au gaspillage provoqué par la généralisation des emballages jetables, y compris pour les matériaux dont les filières de recyclage sont les mieux organisées (le verre par exemple). 

Selon les matériaux, les processus varient et 

La distinction des fruits et légumes bio des produits de l'agriculture conventionnelle occasionne souvent, dans les grandes surfaces classiques, un suremballage. 

Peuvent se révéler très gourmands en eau et en énergie. En outre, si certains matériaux (verre, aluminium) peuvent subir de nombreux cycles de recyclage, d'autres, à commencer par les cartons, papiers et plastiques, subissent de plein fouet ce que l'on appelle le downcycling. Ce terme signifie que l'on ne fabrique pas ^n objet identique à partir de l'objet recycle : e le matériau recyclé l'est en une matière de : moindre. Dans les deux cas, le nombre de cycles de recyclage est donc très limité : un seul pour certains plastiques reconvertis en vestes polaires, tuyaux ou moquettes qui ne pourront pas être à nouveau recyclés ; de 3 à 4 cycles au maximum pour le papier. 

La priorité reste donc d'éviter le déchet à la Source. Pour cela, les échos gestes citoyens sont bien connus : privilégier les grands conditionnements et bannir les dosettes, utiliser des sacs réutilisables, éviter les produits sur emballés. 

Il s'agit plus généralement de désapprendre certains réflexes et en assimiler de nouveaux. Si les sacs réutilisable s'sont généralisés aux caisses des grandes surfaces, il ne faut pas oublier que son utilisation vaut aussi pour les achats de vêtements, pain, médicaments, livres... 

Enfin, gardons à l'esprit que les emballages ne se trouvent pas seulement dans les magasins : l'utilisation de papier alu ou de film alimentaire pour conserver des restes de repas ou emballer le repas du midi est une habitude que l'on peut facilement oublier au profit de l'utilisation de boîtes réutilisables. 

Vers une évolution des modes de distribution ? 

D'autres systèmes reposant sur la réutilisation des emballages impliquant une participation active des distributeurs. 

La consigne a quasiment disparu de notre pays au profit d'emballages jetables. Elle existe pourtant toujours en Allemagne, en Autriche, en Suède ou aux Pays-Bas et des initiatives sont engagées en France pour la relancer au niveau local. La bouteille en verre pouvant être réutilisée jusqu'à 50 fois et la bouteille en plastique PET jusqu'à 25 fois, la consigne présente des avantages environnementaux évidents, si elle est organisée le plus localement possible. 

La vente en vrac courante en supermarchés pour les produits secs au Canada ou en Allemagne, Test beaucoup moins en France. De nombreux magasins de produits bio proposent cependant un rayon vrac et une chaîne de grandes surfaces traditionnelles a également installé des distributeurs de riz, pâtes e: aunes produites secs dans quelques-uns de ses magasins. Enfin, certaines enseignes, encore trop peu nombreuses, innovent en proposant des systèmes de vente en vrac pour des produits comme la lessive, au moyen de distributeurs spécialement conçus pour les produits liquides. 

Ces dispositifs ne sont le plus souvent qu'au stade de l'expérimentation, mais ils méritent d'être soutenus. 

Expliquer sa démarche au distributeur 

Dans la plupart des grandes surfaces, même spécialisées en produits bio, il est imposé aux clients (2) d'emballer les fruits et légumes frais dans des sachets plastiques séparés. Pourquoi ne pas « résister » à l'obligation, en peinant toujours le soin d'expliquer son acte et de suggérer les moyens d'éviter les déchets d'emballages jetables ? 

Il est, en effet, possible de faire autrement : la pesée en caisse permet de mettre les fruits et légumes - au moins les plus résistants - à même le parer. 

Bien sûr, chaque magasin a ses propres contraintes et particularités, mais si les clients n'expriment pas leurs souhaits de consommateurs responsables qui le feront ? 

De même, dans les commerces de proximité, les pharmacies, au marché, on place parfois d'office vos achats dans un sac plastique. Le refus de ce sac est parfois difficile à assumer, car mal perçu par le commerçant. Si ce refus se généralise, le réflexe des commerçants s'inversera pourtant de lui-même. 

Les circuits courts 

Il ne faut cependant pas se leurrer, l'évolution des pratiques de la grande distribution est loin d'être amorcée. Le meilleur moyen d'éviter les emballages jetables lors de ses achats reste alors de se tourner vers les circuits courts : Amap, vente à la ferme, coopératives et marchés de producteurs. Ces modes de distribution permettent d'éviter les emballages secondaires et de simplifier, voire supprimer, les emballages primaires. Certains producteurs laitiers faisant de la vente directe, à la ferme ou au marché, proposent par exemple des systèmes de consigne sur les pots de yaourt ou les bouteilles de lait en verre. 

Il est aussi plus facile de rapporter ou réutiliser sa boîte à oufs lorsqu'on les achète directement au producteur plutôt qu'au supermarché. 

Consommer « actif » 

La lutte contre le gaspillage de ressources lié aux emballages jetables est une nécessité environnementale qui exige une démarche active de la part du consommateur. Au-delà du geste d'achat individuel, il s'agit d'exprimer le souhait d'évoluer vers des modes de distributions locaux, impliquant moins d'intermédiaires et des surfaces et stocks moins importants. La réduction des déchets à la source est ainsi étroitement liée aux autres principes et fondements de la consommation responsable 

Flore Berlingen

 

 

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